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 Comprendre l'alcoolisme

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Bearhug
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MessageSujet: Comprendre l'alcoolisme   Jeu 21 Aoû - 21:09


L’alcoolisme aigu se caractérise par une consommation occasionnelle et non dépendante d’alcool. Il s'agit d'une consommation massive, excessive mais non fréquente. On peut parler couramment de " cuite ". Cette ivresse peut conduire au coma que l'on qualifiera d'éthylique, voire au décès.

La consommation excessive d’alcool est définie par une consommation supérieure à 2 verres par jour chez la femme et 3 verres par jour chez l’homme.

L’alcoolisme chronique se définit comme une consommation nocive d’alcool entraînant des dommages physiques, psycho-sociaux ou affectifs ou comme une véritable addiction à l’alcool (perte de liberté vis à vis de la consommation d’alcool). Comme toute addiction, il engendre une dépendance physique, psychologique et un phénomène de tolérance (la personne augmente les quantités pour ressentir les mêmes effets).

Au niveau mondial, 140 millions de personnes souffrent de dépendance à l’alcool. Chaque année, 2,5 millions de décès sont attribuables à l’alcool.

En France, 5 millions de personnes sont consommateurs excessifs et 2 millions de personnes sont dépendantes à l’alcool. La consommation d’alcool moyenne est estimée à 15,6 litres d’alcool par an et par personne (soit 173 bouteilles de vin). Les hommes boivent davantage au quotidien (18% des 18-75 ans contre 6% de femmes). Même si la consommation d’alcool a diminué entre 2005 et 2010 dans la population générale, elle a augmenté chez les 18-34 ans, notamment avec le phénomène du binge drinking.

L’alcoolisme est responsable de 45 à 50 000 décès par an et constitue la deuxième cause de mortalité évitable derrière le tabac. Les hommes meurent 5 fois plus que les femmes de leur consommation d’alcool.

Des moyens de prévention permettent de prévenir une consommation excessive et chronique d’alcool. Ainsi, il est recommandé de ne pas consommer plus de :

  • 2 unités d’alcool par jour pour les femmes
  • 3 unités d’alcool par jour pour les hommes
  • 4 unités d'alcool pour les consommations occasionnelles (1 unité d’alcool correspond à 10 grammes d’alcool pur, soit environ 1 verre).


L’alcool est proscrit pendant toute la durée de la grossesse et de l’allaitement.

L’alcoolisme semble favorisé par plusieurs facteurs :

  • des facteurs familiaux : les personnes dont un des parents souffre d’alcoolisme ont un risque plus élevé de consommation excessive. Il peut s’agir de facteurs génétiques ou environnementaux.
  • des facteurs socio-économiques : l'alcoolisme peut être vu comme un moyen d’échapper à des difficultés sociales, économiques ou professionnelles, tels que le chômage… Certains milieux professionnels sont aussi favorables à des consommations excessives.
  • des facteurs culturels, avec une tolérance plus ou moins grande vis à vis de la consommation d’alcool.
  • des facteurs psychologiques : anxiété, stress, dépression, troubles de la personnalité, l’alcool étant un excellent anxiolytique.


L’alcoolisme se caractérise par une dépendance physique (se manifestant par des symptômes à l’arrêt de la consommation tels que tremblements, sueurs, delirium tremens) et psychologique (qui se traduit par une pulsion à consommer de l’alcool pour en retrouver les effets) ainsi qu’un phénomène de tolérance (la personne alcoolique a besoin de consommer de plus en plus d’alcool pour ressentir les mêmes effets), entraînant une consommation quotidienne et exagérée d’alcool. La dépendance s’installe au terme d’une durée variable selon les individus.

L’éthanol contenu dans toutes les boissons alcoolisées est absorbé dans le sang et distribué aux organes tels que le cerveau. C'est le foie par la suite qui prend en charge l'essentiel de l'élimination de l'alcool avec les poumons, les reins et la peau.

A très court terme, l’absorption d’alcool provoque l’ivresse. Les symptômes en sont les suivants :

  • un ralentissement des réflexes
  • une diminution de la vigilance
  • une euphorie ou une tristesse
  • des troubles de l’équilibre
  • une appréciation erronée des situations et des distances
  • des crises d’épilepsie
  • un coma pouvant entraîner le décès


L’alcoolisme chronique se manifeste par :

  • des tremblements matinaux
  • une érythrose faciale (visage rouge)
  • une hypertrophie des glandes parotides (situées sous la mâchoire inférieure)
  • rarement une rétraction tendineuse des auriculaires (maladie de Dupuytren)
  • des nausées, des vomissements, des diarrhées


En cas de complications, d’autres signes peuvent apparaître :

  • une jaunisse, un épanchement liquidien intra-abdominal en cas d’hépatite ou de cirrhose
  • des troubles neurologiques pouvant être périphériques (perte de sensibilité ou de motricité des extrémités) ou centraux (troubles de la mémoire, de l’équilibre, démence…), ou une épilepsie.


En cas de sevrage alcoolique, on observe :

  • des tremblements, une agitation, des sueurs avec souvent une anxiété, des cauchemars, une irritabilité
  • à un stade plus avancé une confusion, des hallucinations souvent visuelles
  • des convulsions
  • un delirium tremens (crise de délire associée à une agitation intense).


Le diagnostic de l’alcoolisme s’établit aux vues de la consommation quotidienne d’alcool et des symptômes décrits. Le niveau de dépendance peut alors être évalué. Souvent, ce sont les proches qui découvrent l’alcoolisme de la personne et qui tentent de la convaincre de consulteLes personnes alcooliques elles-mêmes ont conscience généralement de leur consommation excessive d’alcool mais mettent du temps à l'avouer. Une prise de sang (enzymes hépatiques, pancréatiques…) ainsi qu’un examen clinique permettra d’évaluer le retentissement de la consommation sur les différents organes susceptibles d’être atteints, pour lesquels des examens plus spécifiques seront peut-être nécessaires. Lorsqu’une cirrhose est suspectée, une biopsie hépatique pourra être réalisée.

Les critères suivants peuvent vous aider à prendre conscience de votre alcoolisme ou de celui de l’un de vos proches :

  • avoir un désir puissant ou compulsif de prendre de l’alcool
  • avoir des pertes de mémoire
  • penser à l’alcool fréquemment
  • se précipiter sur le premier verre
  • justifier sa consommation
  • veiller à toujours avoir de quoi boire chez soi
  • être contrarié lorsque quelqu’un fait une réflexion
  • boire le matin ou dans la journée
  • boire seul ou en cachette
  • cacher des bouteilles
  • se désintéresser d’autres sujets
  • ne pas pouvoir s’arrêter.


La première personne à consulter est le médecin traitant. Il pourra sans difficulté poser un diagnostic. Il pourra vous orienter vers d’autres spécialistes : alcoologue, addictologue, gastro-entérologue...

Le traitement de l’alcoolisme pour être efficace devra être accepté par la personne alcoolique et dépendra de son état de soumission à l’alcool. Une démarche active et volontaire de la personne souffrant d’alcoolisme est indispensable à toute prise en charge. Bien souvent, c’est sous contrainte qu’une personne alcoolique débute la démarche de soins. Il est essentiel de dialoguer avec les personnes alcooliques afin de leur proposer un soutien et les aider à se rendre compte de leur atteinte et de la nécessité de se soigner.

La seule façon de stopper l’alcoolisme est d'arrêter l'alcool. il faut donc s’abstenir complètement et définitivement de boire de l’alcool. Mais l’abstinence est très difficile à respecter pour une personne dépendante, qui peut très facilement rechuter. De ce fait, il est nécessaire d’être accompagné au long cours médicalement, psychologiquement, et parfois même socialement. On parle alors de sevrage. Pendant cette phase, la personne alcoolique sera sous calmants (benzodiazépines,…) afin de diminuer ou de stopper les symptômes qui risquent d’apparaître du fait de l’arrêt de l’alcool : tremblements, suées, palpitations, convulsions…

On pourra ensuite proposer un suivi sous plusieurs formes : soit une hospitalisation de plusieurs semaines dans un centre fermé pour les cas les plus difficiles, soit un suivi très régulier en hôpital de jour, soit un suivi épisodique en consultation, des groupes de parole… Plusieurs professionnels peuvent être impliqués : médecin alcoologue, psychiatre, psychologue…

D’autres médicaments seront associés et auront pour objectif de diminuer l’envie de boire. Certains médicaments permettent même d’obtenir ce qu’on appelle « l’effet antabuse », c'est-à-dire qu’ils provoquent des effets secondaires désagréables, voire dangereux, lors de la prise d’alcool. Enfin, une supplémentation vitaminique est prescrite chez les personnes alcooliques.
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