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 Comprendre la schizophrénie

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Bearhug
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MessageSujet: Comprendre la schizophrénie   Jeu 21 Aoû - 19:25


La schizophrénie est une maladie mentale se développant généralement au début de la vie adulte. Elle est caractérisée par des difficultés à partager une interprétation du réel avec d’autres individus, ce qui entraîne des comportements et des discours bizarres, parfois délirants.

Les facteurs connus pour être liés au développement d'une schizophrénie sont multiples : d'ordre biologiques (génétique, neurobiologique, prise de toxiques comme le cannabis et infectieux), psychologique (stress) et encore social (environnemental, isolement). Au début du XXIe siècle, ils sont cependant largement incompris. Les mécanismes de cette pathologie sont eux aussi incomplètement compris.

Elle se manifeste souvent au début principalement par un sentiment d'étrangeté, une bizarrerie, des intérêts étranges, ésotériques, des incohérences dans le discours, un manque de motivation, des troubles de concentration, parfois un sentiment de persécution. Ceci peut aboutir au développement d'un délire paranoïde. On retrouve une désorganisation de la pensée et du discours. Dans 20 à 30 % des cas, la personne peut avoir des hallucinations, surtout auditives. Ces voix imaginaires (souvent les mêmes), parlent au malade pour commenter ses actes et ses choix. La schizophrénie engendre des dysfonctionnements qui évoluent avec des phases aiguës et des phases quasi asymptomatiques.

Le diagnostic se fonde sur l'observation du comportement et sur les symptômes rapportés par le patient et grâce à son histoire. La période diagnostique permet aussi d'éliminer d'autres pathologies neurologiques et psychiatriques. Il n'y a pas à ce jour d'examen complémentaire qui permette de confirmer ou d'infirmer le diagnostic. Les nombreuses combinaisons de symptômes observés chez les personnes vivant avec une schizophrénie ont ouvert un débat pour savoir si ce diagnostic représentait une seule et même maladie ou plusieurs syndromes distincts.

La schizophrénie a une prévalence globale d'environ 0,3 à 0,7 %. Les patients atteints de schizophrénie souffrent souvent d'autres maladies psychiatriques : dépression, troubles anxieux, addictions (50 % des cas environ).

L'espérance de vie des personnes touchées est ainsi estimée inférieure de 12 à 15 ans à l'espérance de vie moyenne, à cause du risque plus élevé de problèmes de santé (lié à la pathologie et/ou à son traitement) et d'un plus fort taux de suicide (risque absolu de 5 %). Cette pathologie peut évoluer favorablement dans un délai plus ou moins long.

La schizophrénie est couramment traitée par la prise de neuroleptiques. Ces médicaments agissent sur les récepteurs de la dopamine et parfois de la sérotonine. La psychothérapie et la réhabilitation sociale font également partie de la prise en charge, et sont accompagnées d'une réinsertion sociale et professionnelle du patient. Une aide familiale par la psychoéducation a démontré son efficacité. Dans les cas les plus sévères — lorsque l'individu présente un risque pour lui-même ou pour les autres —, une hospitalisation sans consentement peut être nécessaire. De nos jours, les hospitalisations sont moins longues et moins fréquentes qu'elles ne l'étaient auparavant. Cependant, seule une petite minorité de personnes souffrant de troubles mentaux adopte un comportement dangereux pour les autres.

Bien plus souvent, ce sont les patients qui sont les victimes, de leur fait ou de celui d’autrui ou de la société (discrimination à cause de la maladie et/ou des complications du traitement, difficultés de logement, précarité économique, isolement, difficulté d'accès aux soins non psychiatriques). Dans certains cas, afin de compenser les difficultés liées à la maladie même traitée dans l'insertion sociale ou professionnelle, il est possible à la personne souffrant de schizophrénie de bénéficier d'une reconnaissance du handicap : on parle alors de handicap psychique.

La schizophrénie se traduit par des contours incertains, dans la personnalité, voire physiquement pour délimiter son corps (une approximation dans le discernement des contours identitaires, cernés avec difficulté), et non pas comme une dissociation de l'esprit en plusieurs parties.

Ainsi, la schizophrénie ne doit pas être confondue avec le phénomène de personnalités multiples (qui peut concerner les troubles dissociatifs de l'identité). L'amalgame est pourtant courant, et le terme schizophrénie (ou ses dérivés) est souvent utilisé à tort, notamment dans la presse ou le cinéma, pour désigner une entité aux facettes multiples, parfois antagonistes, ou un tiraillement entre des propos contradictoires.

La schizophrénie se développe le plus souvent entre la fin de l'adolescence et le début de la vie adulte, période durant laquelle se développe le comportement social d'un individu. Chez 40 % des hommes et 23 % des femmes, la schizophrénie se déclare avant l'âge de 19 ans. Les troubles cognitifs sont souvent les premiers symptômes qui apparaissent chez la personne atteinte de schizophrénie. Ce sont des symptômes annonciateurs :

  • troubles d’attention, de concentration, manque de tolérance à l’effort : la personne atteinte prend du temps à répondre aux questions, à réagir aux situations demandant une réponse rapide. Il n’est plus capable de suivre ses cours, de se concentrer sur un film ;
  • troubles de mémoire : la personne atteinte de schizophrénie oublie de faire des tâches de la vie quotidienne (faire ses devoirs, aller à ses rendez-vous). Elle a de la difficulté à raconter ce qu’elle lit, à suivre une conversation. Sa mémoire autobiographique est affectée : elle oublie plusieurs moments de son histoire personnelle. La mémoire de travail de l'individu fonctionne plus difficilement : il est incapable d'effectuer plusieurs tâches en même temps en se souvenant où il en est dans chacune d’elles ;
  • troubles des fonctions exécutives : les fonctions exécutives sont essentielles à tout comportement dirigé, autonome et adapté, comme préparer un repas. La personne atteinte a de la difficulté à organiser et anticiper les gestes nécessaires à la réalisation d’une tâche, à anticiper les conséquences. Elle manque de planification, d’organisation des séquences d’actions pour réaliser un but et manque également de flexibilité, de discernement, de vérification, d’autocritique.


Ces premiers troubles entraînent progressivement des difficultés de socialisation chez la personne atteinte, provoquant un retrait social. Ils entrainent également le développement de signes moins spécifiques de la schizophrénie, comme une irritabilité, une dysphorie, ou une maladresse, durant cette phase prodromique.

Ces symptômes annonciateurs peuvent être présents de façon isolée ou associée et, bien qu’ils se présentent en premier, ils persisteront plus longtemps que les symptômes aigus.

Les schizophrénies sont caractérisées cliniquement par la dissociation psychique et la présence, en proportion variable, de symptômes dits positifs et négatifs. Cette classification a été introduite par la neuropsychiatre américaine Andreasen dans les années 1980.

Les symptômes positifs (ou aigus) sont les symptômes qui s'ajoutent à l'expérience de la réalité et aux comportements habituels et qui ne sont pas ressentis normalement par les individus non malades : c’est leur présence qui est anormale. Ces symptômes se manifestent habituellement au début de l’âge adulte, entre 17 et 23 ans chez les hommes et entre 21 et 27 ans chez les femmes. Ils répondent positivement aux traitements médicamenteux.

Tout d'abord, la personne schizophrène expérimente des hallucinations, celle-ci pouvant impliquer l'ensemble des sens. Les plus courantes sont des hallucinations auditives, sous la forme de voix imaginaires, souvent étranges ou persécutrices. En complément, la personne présente des accès de délires, des erreurs de jugement logique. Elle s'imagine que la personne qui la regarde ou qui la croise dans la rue est là pour l'espionner. Elle se sent surveillée, persécutée, en danger ou croit que la télévision lui envoie des messages. Elle est convaincue d’avoir le pouvoir d'influencer les évènements dans le monde, d'être contrôlée par une force extérieure ou que d'autres individus peuvent lire dans ses pensées. Les hallucinations sont d'ailleurs couramment en relation et viennent renforcer ces idées délirantes.

La schizophrénie entraîne une déréalisation (impression d'étrangeté du monde, qui paraît irréel, flou, qui manque de sens) ou une dépersonnalisation (impression d'étrangeté face à soi-même).

La personne présente, de plus, des troubles cognitifs regroupés sous le terme de désorganisation ou troubles du cours de la pensée. Ce dernier point peut aller de la perte du cours de sa pensée ou de ses idées, avec des phrases sans liens évidents, jusqu'à des suites de mots complètement incohérentes dans les cas les plus sévères (symptôme de schizophasie ou phénomène du « coq à l'âne »). Cette désorganisation de la pensée se manifeste par une difficulté à rester concentré sur un raisonnement et/ou sur une conversation, à diriger ses pensées vers un but, par une suggestibilité, une pensée tangentielle (qui veut simplement dire que la personne fuit une conversation ou une réponse à une question posée), de la difficulté à associer des idées entre elles, un discours illogique. Le malade perd le fil de ses idées. La personne atteinte peut dire des phrases sans suite ou incompréhensibles et inventer des mots.

Le comportement du malade est également très désorganisé, avec une incapacité à prendre des décisions et des initiatives appropriées à la situation. Des agissements bizarres peuvent également être perçus, par exemple fermer les stores de la maison par crainte d’être espionné, collectionner des bouteilles d’eau vides. La pensée du malade manque de fluidité et de flexibilité. Ses discours et ses comportements sont répétitifs, rigides. Le malade a du mal à fournir une pensée abstraite. Il a tendance à interpréter de façon erronée, ou selon des critères personnels des concepts abstraits. Il peut avoir aussi un syndrome d'automatisme mental (vol de pensée ou idées imposées par exemple). Il peut rencontrer de graves difficultés lorsqu'il essaie d'aborder de nouveaux sujets de conversations ou d'adopter de nouveaux comportements auxquels il n'est pas habitué.

Les symptômes négatifs sont ainsi dénommés car ils reflètent le déclin des fonctions cognitives normales et se traduisent par une altération des fonctions cognitives complexes d'intégration : altération des fonctions mnésiques, difficultés de concentration, pauvreté du langage spontané, du comportement moteur : aboulie, amimie, apragmatisme, mais aussi du fonctionnement social ou émotionnel : altération de la vie en relation, abrasement des affects et de la motivation (athymhormie) ou encore une absence de plaisir (anhédonie).

À l'inverse des symptômes positifs, les symptômes négatifs sont beaucoup plus résistants aux traitements médicamenteux actuels. Les traitements non médicamenteux essayent de les cibler.

Ces symptômes négatifs ont des conséquences beaucoup plus délétères et handicapantes sur la qualité de vie des personnes schizophrènes que les symptômes positifs et affectent plus fortement leur entourage.

Le retrait social, la dégradation de l'hygiène de vie, un habillement atypique et la perte de la motivation et du jugement sont couramment observés dans la schizophrénie.

De plus, il y a souvent un ensemble caractéristique de difficultés émotionnelles associées, par exemple un manque de réactivité. Des défauts dans la cognition sociale sont couramment associés à la schizophrénie, de même que les symptômes de la paranoïa. Il en résulte souvent une forme d'isolement social.

Dans un sous-type beaucoup plus rare de schizophrénie, la personne demeure constamment muette, restant sans vie dans des postures étranges, ce qui est un des signe de catatonie.

La « préoccupation autistique » décrit le malade préoccupé essentiellement par ses pensées et sensations intérieures (introspection) et ne parvenant plus à s'intéresser à son environnement, ni à s'y adapter. Il parle tout seul, s'isole.

Ces symptômes, que l'on désigne sous le terme de symptômes négatifs ou autistiques, sont indépendants de la volonté du patient. Ils ne sont pas dus à un « refus » de s'intégrer dans la société, mais à des facultés mentales (d'ordre relationnel ou social) que le malade a perdues sous l'effet de la maladie. Ils s’observent par un manque ou une absence de comportements spontanés, attendus :

  • isolement, retrait social, autisme (au sens des symptômes, pas de la maladie) : la personne atteinte de schizophrénie perd plaisir à ses activités de loisirs (anhédonie). Elle délaisse ses amis, se retire dans sa chambre, devient même irritable si un individu tente de l’approcher. Elle se coupe peu à peu de la réalité ;
  • alogie, relâchement de l'association des pensées ou difficulté de conversation, désorganisation : la personne atteinte ne trouve plus ses mots, donne des réponses brèves et évasives et ne réussit plus à communiquer ses idées ou ses émotions ;
  • émoussement des affects - Diminution de l’expression d’émotions : le visage de la personne atteinte devient inexpressif, ses inflexions vocales diminuent (elle parle toujours sur le même ton), ses mouvements sont moins spontanés, ses gestes, moins démonstratifs ;
  • ambivalence : contradiction affective. J'aime/je déteste la même personne ;
  • perturbation de l'attention : discours pseudo-logique ;
  • apathie, perte d’énergie, apragmatisme : la personne atteinte passe ses journées devant la télévision sans vraiment être capable de suivre ce qu'il s’y passe, elle néglige son hygiène ou son apparence personnelle et manque de persistance ou d’intérêt pour commencer ou achever des tâches routinières (études, travail, ménage). Cette attitude donne une impression d’insouciance, de négligence, de manque de volonté et de paresse.


Plusieurs formes de schizophrénie peuvent être distinguées :

  • la schizophrénie simple[réf. nécessaire]. Les symptômes négatifs sont au premier plan : appauvrissement des relations socio-professionnelles, tendance à l’isolement et au repli autistique dans un monde intérieur. Il y a peu ou pas de symptômes délirants. Cette forme évolue lentement mais très souvent vers un déficit de plus en plus marqué ;
  • la schizophrénie paranoïde. C’est la forme la plus fréquente de schizophrénie. Le délire et les hallucinations dominent le tableau clinique et le sujet répond le plus souvent aux traitements antipsychotiques ;
  • la schizophrénie hébéphrénique. La dissociation des fonctions cognitives est prédominante. C’est la forme la plus résistante aux thérapeutiques. Cette forme de schizophrénie touche principalement les adolescents ;
  • la schizophrénie catatonique. Le patient est comme figé physiquement et conserve les attitudes qui lui sont imposées, comme une poupée de cire. Il est enfermé dans un mutisme ou répète toujours les mêmes phrases. Cette forme, soumise à traitement, est rarement définitive ;
  • la schizophrénie dysthymique (troubles schizo-affectifs). Les accès aigus ont la particularité d’être accompagnés de symptômes dépressifs, avec risque suicidaire, ou au contraire de symptômes maniaques. Ces formes répondent, au moins en partie, aux traitements par thymorégulateurs (comme le lithium) ;
  • la schizophrénie pseudonévrotique. Elle associe des symptômes de schizophrénie et des symptômes importants ni schizophréniques ni bipolaires (syndrome de conversion, phobie, anxiété ou obsession) ;
  • la schizophrénie pseudo-psychopathique [réf. nécessaire] ou « héboïdophrénique ». Cet état est considéré comme un trouble à caractère pré-schizophrénique où l'adolescent a des comportements d'opposition importants envers son entourage en présence de troubles de la pensée, phases délirantes et impulsivité. Il coexiste alors des passages à l’acte très violents et des symptômes dissociatifs comme une grande froideur affective.
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